ArchivesLa lettre de l´Agora, Vol 1 No 5, Juin 2009Voir un clown et mourirL'été est une saison parfois difficile pour les personnes âgées vivant seules.Vieillir dans la solitude et la canicule sans être oublié de tous! Voici l'un de ces débats qu'il faut sans cesse relancer tant la cause des aînés en perte d'autonomie semble perdue d'avance, tant l'indifférence à leur endroit apparaît comme la pente la plus naturelle. Un instant d'inattention de la part des autorités publiques et des journalistes et les négligences recommencent. Elles ne sont pas toujours graves, mais elles sont toujours des formes de déshumanisation. http://agora.qc.ca/thematiques/inaptitude.nsf/Documents/Repenser_la_solidarite--Voir_un_clown_et_mourir_par_Jacques_DufresneJacques Dufresne et Hélène Laberge, fondateurs de l´Agora
Le clown Howard Buten et l'autisme , par Hélène Laberge, Encyclopédie de l'inaptitudeCe que Buten dit de sa présence, de sa merveilleuse présence auprès des enfants, s’applique à toutes les formes de présence auprès de tous les êtres humains et particulièrement des personnes handicapées et des personnes âgées. « Plus on étudie l’autisme (et on pourrait ajouter le vieillissement!), plus il nous apparaît mystérieux et contradictoire. J’adore être avec les enfants autistes; j’y suis mieux qu’avec la plupart des gens. À chaque seconde de ma présence quotidienne auprès d’eux ma mission c’est d’utiliser ma personne humaine pour qu’ils se sentent mieux à chaque moment de la vie, soit qu’on les entoure de ses bras, qu’on leur donne à manger, qu’on leur tienne la main, qu’on les fait rire, qu’on arrête leurs larmes, qu’on les touche. http://agora.qc.ca/thematiques/inaptitude.nsf/Documents/Repenser_la_solidarite--Le_clown_Howard_Buten_et_lautisme_par_Helene_Laberge
L'infantilisation des aînés: pourquoi s'en indigner , par Jacques Dufresse, Encyclopédie de l'InaptitudeLa vie, disait Valéry, est «la chute d'un corps,» mais elle est aussi la montée d'un être intérieur qui échappe à la pesanteur. Il n'est rien de plus beau qu'un vieillard qui se tient droit, en dépit d'un corps qui tombe, comme tous les corps, qui se tient droit non par raideur, mais par inspiration. C'est cet élan que l'on brise quand on se laisse infantiliser et quand on recherche un remède à toute souffrance dans les médicaments. Je dis à toute souffrance en pensant d'abord à la souffrance morale et psychologique, à l'angoisse et non à des douleurs physiques localisées, une rage de dent par exemple, que l'on peut combattre sans mettre en péril ses plus hautes facultés. En brisant son élan, on perd aussi son identité, sa présence au monde et aux autres et on s'enferme dans un cercle vicieux. Plus on est anesthésié, c'est-à-dire insensible, absent, moins on est intéressant pour les autres et plus on s'expose à l'isolement, un isolement qui créera un nouveau besoin de drogues anesthésiantes. http://agora.qc.ca/thematiques/inaptitude.nsf/Documents/Repenser_la_solidarite--Linfantilisation_des_aines__pourquoi_sen_indigner_par_Jacques_Dufresne
Les ailes du texte: un regard kikuyu sur le style, par Jacques Dufresne , Encyclopédie de L'AgoraDans La ferme africaine, Karen Blixen raconte la fascination qu'exerçait le coucou de son horloge sur les jeunes pasteurs kikuyus du voisinage. Ignorant la machine, habitués à mesurer le temps en regardant le soleil, ils considéraient l'oiseau des heures comme un être vivant. Nous projetons notre vision mécaniste du monde sur les animaux, ils projetaient leur conception vitaliste sur les machines. Ne croyez-vous pas qu'un regard kikuyu sur le style s'impose en ce moment ? Nous avons projeté notre vision mécaniste du monde sur le style en même temps que sur les paysages et les animaux. Le réenchantement du monde, condition métaphysique du développement durable, ne passerait-il pas par le réenchantement du style? http://agora.qc.ca/reftext.nsf/Documents/Style--Les_ailes_du_texte__un_regard_kikuyu_sur_le_style_par_Jacques_Dufresne
http://agora.qc.ca/mot.nsf/Dossiers/Biomimetisme
LivresL'itinérance en questions, par Éric Volant, , Encyclopédie sur la mortLe phénomène de l'itinérance dans nos sociétés modernes se construit par la combinaison de facteurs sociaux et individuels. Dans l'introduction de L'itinérance en questions (Presses de l'université du Québec, 2007), Shirley Roy et Roch Hurtubise distinguent trois types d'explication de l'itinérance: de nature structurelle, de nature individuelle et de nature institutionnelle. Puis, à partir de mon expérience personnelle de résidence (1979-1980) à la Maison Nazareth à Montréal, je tenterai d'esquisser un profil de l'itinérant. La Maison Nazareth était une maison d'accueil pour les «sans abri» ou les «sans domicile fixe (SDF)». À la tombée du jour, des hommes de la rue - exceptionnellement des femmes et des jeunes - y venaient se faire soigner les pieds meurtris, prenaient une douche et recevaient des habits neufs. S'ils le désiraient, ils pouvaient causer avec un des membres de l'équipe et se recueillir dans la chapelle. Puis, le soir même, ils reprenaient le chemin de l'itinérance. Ils étaient invités à souper à la table familiale des Hadley, devenue progressivement communautaire. La plupart d'entre eux, cependant, refusaient cette invitation. Et encore plus rares étaient ceux qui acceptaient un gîte pour la nuit. Plus nombreux étaient ceux qui revenaient pour la toute dernière étape de leur itinérance, leurs funérailles dans la Maison Nazareth. Par un arrangement particulier avec la ville, la paroisse Notre-Dame et une entreprise funéraire, Dennis organisait sur place des obsèques auxquelles assistaient des compagnons de la rue et parfois une soeur, un neveu du défunt ou un autre membre de la famille plus éloigné que l'on avait pu retracer. http://agora.qc.ca/thematiques/mort.nsf/Dossiers/Itinerants
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