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La Lettre de L'Agora, 27 mars 2020

Vol 12 No. 5 - Covid-19 : Nos services essentiels 

Samedis de l'Agora: Annulation des conférences du printemps 2020

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Pandémie

Les chaînes — brisées — de la transmission - Méditations au bord du lac Nemi

par Marc Chevrier

On invite les jeunes à briser les chaînes de transmission du virus, dans le but notamment d'épargner les vieux, plus vulnérables, mais ces vieux, souvent croisiéristes après avoir été carriéristes, leur ont-ils transmis la richesse, la culture, les valeurs qui pourraient nourrir leur gratitude à leur endroit ? Marc Chevrier nous propose ici une réflexion sur l'évolution des modes de transmission de divers biens. On peut y voir une invitation à profiter de la crise pour opérer un redressement civilisationnel, culturel et politique.

Journal de pandémie, 20 mars 2020

Par Jacques Dufresne

Thèmes : Le prix de la vie, Le génie de notre époque, Surmédicalisation et épidémies imprévues, Au secours de la science, Un mal pour un bien ?, Une pandémie spectacle, Distance sociale, Santé parfaite, Un peu de stoïcisme, Le microbe et le terrain, Vie intérieure, La maladie et le mal.Je n'oublierai jamais cet ami qui, branché pour la dernière fois sur son rein artificiel, ne semblait désirer qu'une chose : avoir son tableau préféré en permanence sous ses yeux : L'agneau mystique de Van Eyck. Ne pourrait-on pas accrocher des tableaux aseptisés sur les murs des chambres destinées aux victimes de la covid-19. Le mot d'amour que personne peut-être ne leur aura dit, ce sera cette présence réelle de la beauté.

Journal de pandémie, 24 mars 2020

par Jacques Dufresne

Thèmes : Du bon usage des crises selon Naomi Klein, Fatales erreurs de logique, Rhétorique chiffrée, Conflits de droits : de Platon à Trump, D'abord ne pas nuire, Hippocrate, Injustice et désordre, de Goethe à nous, Catastrophe et démocratie. Naomi Klein pense que les crises sont le moment idéal pour opérer rapidement des changements radicaux qui, en temps normal, exigeraient des années sinon des décennies de débats. Les bateaux de croisière pourraient ainsi devenir des hôpitaux mobiles qui, au lieu d'infecter des pays souvent pauvres, hébergeraient leurs malades.

Semmelweis : pionnier de l'épidémiologie et grand ami des femmes

par Jacques Dufresne

À propos du Semmelweis de Louis-Ferdinant Céline. J'en suis à ma cinquième ou sixième lecture et je m'exclame de nouveau, avec plus d'enthousiasme encore que jadis : voici un livre qui devrait être une lecture obligatoire dans toutes les facultés de médecine et de sciences infirmières.


 

Covid-19, notre liste de liens

par Stéphane Stapinsky

Vaccinologie: un document pour aller au fond des choses

par Pierre Biron

Sollicitude

Encyclopédie de l'Agora

Dans une note au sujet des soins au malade, Valéry nous donne à penser que la sollicitude est la politesse élevée jusqu'à la poésie. « Une précision confiante. Une sorte d'élégance dans les actes, une présence et une légèreté, une prévision et une sorte de perception très éveillée qui observe les moindres signes. C'est une sorte d'œuvre, de poème (et qui n'a jamais été écrit), que la sollicitude intelligente compose.»

Prudence

Encyclopédie de l'Agora

Mais pourquoi les grands philosophes, à commencer par Aristote, ont-ils accordé tant d'importance à cette vertu? Pourquoi l'Église catholique en a-t-elle fait une vertu cardinale? Parce qu'elle est l'art de composer avec les situations complexes où nous plonge l'action. Sans doute aussi parce qu'elle s'apparente au kairos, cette aptitude à saisir l'occasion opportune, que Pindare considérait comme une chose divine.

Kairos

Encyclopédie de l'Agora

«S'il n'y a qu'une façon de faire le bien, il est bien des manières de le manquer. L'une d'elles consiste à faire trop tôt ou trop tard ce qu'il eût fallu faire plus tard ou plus tôt. Les Grecs ont un nom pour désigner cette coïncidence de l'action humaine et du temps, qui fait que le temps est propice et l'action bonne: c'est le Kairos, l'occasion favorable, le temps opportun.»

Contre les sophismes chiffrés

par Jacques Dufresne

Contre les sophismes chiffrés, une logique pour notre temps. Voici le résumé d'un cours de logique donné à des étudiants plus familiers avec les sophismes chiffrés qu'avec les sophismes verbaux. Nous partîmes ensemble à la recherche des diverses manières d'induire les gens en erreur au moyen des chiffres. Voici ce que nous avons découvert. En 1875, les journaux ne contenaient pratiquement aucun chiffre. Dans La Presse, journal fondé à Montréal en 1884, les premières colonnes de chiffres furent consacrées aux taux de mortalité…

L'armée des douze singes, de Terry Gilliam

par Jean-Philippe Costes, Dictionnaire du cinéma anglo-saxon

« Je vous recommande un film aussi brillant qu'en phase avec l'actualité: L'armée des douze singes (Twelve Monkeys), de Terry Gilliam. Sur fond de pandémie, cette oeuvre prophétique nous éclaire sur l'une des plus redoutables maladies qui soient: le "rationalisme fou" de l'humanité.» Dans cet article, Jean-Philippe Costes nous invite à interpréter ce film à la lumière de l'ensemble de la pensée et de l'œuvre de T.Gilliam et en particulier de sa conception de la post-modernité.

Boccace et la peste noire

par Éric Volant, Encyclopédie de la mort,

À Florence en 1348, Boccace assiste au ravage que la peste provoque dans toute l'Europe. C'est cette pandémie, qu'il évoque dans le Décaméron, son chef-d'œuvre, et qui bouleverse radicalement les lieux et les pratiques funéraires.

De la musique avant toute chose

L'orchestre symphonique de Rotterdam, en confinement



Castigat ridendo mores

La Bolduc, ou comment les Québécois ont survécu à la Grande Dépression

François Pérusse, traducteur de Donald Trump

L'esprit de calendrier de Donald Trump

 


 

Histoire culturelle des épidémies : quelques leçons à en tirer

par Jacques Dufresne

Rien de plus instructif pour comprendre la condition humaine que de la redécouvrir sous l'angle de l'histoire culturelle des maladies, des épidémies en particulier. Se tissent alors de nouveaux liens entre les guerres, les idées, les croyances, les arts, l'économie, la politique. Les épidémies sont des situations limites qui révèlent les sommets que les hommes peuvent atteindre dans le bien comme les bas-fonds auxquels ils peuvent descendre dans le mal.

Les épidémies à la lumière de la culture médicale

par Jacques Dufresne

Un peu de culture médicale est nécessaire pour faire face adéquatement à une épidémie. Si la vigilance s'impose, un excès de prudence peut déclencher des campagnes de vaccination coûteuses…et plus nuisibles qu'utiles. Ce fut le cas en 2009 lors de la grippe AH1N1. En cas de contagion grave, la littérature peut être d'un grand secours.

On peut mesurer l'importance de la peste dans l'histoire à la place qu'elle occupe dans la littérature. Thucydide, l'un des premiers grands historiens, a raconté la peste d'Athènes survenue en 429. Laure, que le poète italien Pétrarque chanta dans ses poèmes, -- lesquels devaient avoir une grande influence sur la Renaissance française-- mourut pendant la peste de 1348. Georges Simenon, Thomas Mann et Roland Cailleux ont un point commun : avoir fait de la tuberculose le personnage principal de plusieurs de leurs romans. Le plus célèbre de ces romans est La montagne magique de Thomas Mann.

Manzoni, romancier, historien et épidémiologiste

Extraits

Dans Les fiancés, le plus grand roman italien, Manzoni (1785-1873) raconte l'histoire de la peste de Milan (1629-31) avec la rigueur d'un historien et celle d'un épidémiologiste. Dans un autre ouvrage, moins connu, un essai intitulé L'histoire de la colonne infâme, il s'élève contre la barbare injustice commise à l'endroit des boucs émissaires de Milan, avec une indignation que l'on a comparée à celle de Voltaire dans L'affaire Calas. Voici des extraits de ces deux livres. Y aura-t-il des boucs émissaires en Chine ? Le maire de Wuhan n'est-il pas sur la liste ?

120 citations de La Peste de Camus



Livres

L'autre, un roman de Charles Le Blanc

par Jacques Dufresne

Au cours de l'un de ses séjours annuels dans sa ville natale, Québec, le Vieux Québec plus précisément, le personnage principal, un professeur d'université, correct à tous égards, rencontre son double, un malheureux qui sème le malheur autour de lui. Le lecteur averti fait le lien avec Le portrait de Dorian Gray, (1890) d'Oscar Wilde. Charles Le Blanc fait également allusion à La Bruyère. Il aime bien lui aussi disserter sur les vertus et les vices après avoir décrit un caractère et c'est l'un des charmes de son livre, un livre qui retenait déjà l'attention aussi bien par l'intrigue, que par la qualité de la langue, une érudition bien exploitée et le sens de la formule : « Aristote disait de l'amitié qu'elle est une âme qui anime deux corps. Faut-il pour cela conclure que l'amour est un corps qui anime deux âmes. »

Invitation à une lecture lente : L'empire en marche, des peuples sans qualités, de Vienne à Ottawa, de Marc Chevrier

par Jacques Dufresne

Je n'ai pas encore terminé la lecture de ce livre du politologue Marc Chevrier, 630 pages bien denses. J'en parle avant l'heure parce que le confinement actuel est propice à l'immersion dans un tel fleuve, métaphore justifiée par le fait qu'il y est question du statut politique du peuple vivant sur les deux rives du Saint-Laurent, mais aussi parce que l'auteur, voyageur lui-même, nous invite, avec un talent de romancier, à parcourir l'histoire des concepts clés de la vie politique : État, nation, empire, fédération, confédération. Tout n'a-t-il pas déjà été dit sur ces sujets? J'ai déjà appris tant de choses dans ce livre, par des voies imprévues, que je peux répondre à cette question par un non catégorique. Le cours du livre ressemble toutefois plus à celui du Danube qu'à celui du St-Laurent, les méandres y sont plus nombreux, les villes et les pays traversés plus variés. C'est ce qui fait le charme et l'intérêt du livre. ( Suite dans la prochaine lettre.)

La raison et la vie, livre de Jacques Dufresne

Un écho dans le journal Le Devoir

"L'auteur a toujours été, dans sa pensée comme dans son action, à la recherche d'une maturité reposant sur l'harmonie entre la raison et la vie, avec la conviction croissante que toutes les zones d'interaction de l'une et de l'autre sont interdépendantes. Ces zones d'interaction, il les appelle paysages : naturel, intérieur, social. « Par exemple, écrit-il, entre le sol brutalisé par une certaine agriculture industrielle, le psychisme individuel colonisé par les experts et soumis au conditionnement et une société civile réduite à une peau de chagrin parce que coincée entre un marché tentaculaire et un État interventionniste, l'analogie est frappante. Ce qui veut dire qu'advenant un déséquilibre qui défavorise la vie dans le paysage naturel, comme c'est le cas aujourd'hui, on ne saurait remédier à un tel mal sans lutter contre le même déséquilibre dans les deux autres paysages. Quel que soit le paysage auquel on s'intéresse d'abord, la prise en compte des deux autres s'impose."

Extraits du livre sur les principaux thèmes

Écologie

Éducation

Politique

Religion

Santé

Science


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