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 La Lettre de L'Agora, Vol.9 no 5, 16 février 2017

Vol.9 No.5 , Pas diversité sans unité, post-vérité, post-beauté, M.Bock-Côté, C.Taylor

Notre introduction étant longue, nous l’avons divisée en quatre parties réparties sur toute la Lettre :

La tuerie de Québec et ses suites

Poste-vérité dans les sciences et les mathématiques


Santé et médicaments

Beauté et post-beauté

 
Campagne 2016- 2017.

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 La tuerie de Québec et ses suites

Nous avons commenté la tuerie de Québec et le débat qui s’ensuivit en revisitant nos travaux sur les Arabes, sur le choc des civilisations, sur Charles Taylor, sur le don d’asile, sur la terreur souterraine. Le mot diversité employé seul, érigé en absolu par Justin Trudeau, nous a obligé à rappeler qu’il n’y a pas de diversité sans unité. Séparer ces deux choses c’est manipuler les faits, c’est entrer dans l’ère de la post-vérité, sujet principal de notre Lettre.  Simon Langlois mettrait plutôt en cause «la société liquide ». D’abord les mots corrects : voici, par Stéphane Stapinsky, l’abécédaire de la post-vérité et de la censure souterraine.

La tuerie de Québec et ses suites

La tuerie de Québec est un grand malheur auquel on ne devrait réagir qu’avec grandeur dans l’expression des sentiments et des pensées. Ce qui ne s’improvise pas. Nous puiserons donc dans nos travaux passés, sur les Arabes (Jean-Philippe Trottier) et sur le Choc des civilisations, (Marc Chevrier) pour nous rapprocher de cette grandeur.


Charles Taylor est-il toujours un homme des crêtes 
? par Jacques Dufresne

 « Sur la question de l’individualisme comme sur toutes les autres questions vives, le nationalisme, la communauté, etc., la position de Taylor sera celle du juste milieu, lequel peut être la formule de la médiocrité, si l’on s’y laisse tomber nonchalamment, plutôt que de s’efforcer de s’élever avec passion jusqu’à la crête d’où l’on domine les deux excès opposés. »


Pas de diversité sans unité
, par Jacques Dufresne

Croître c'est se différencier. La diversité c’est la vie. Ce qui est vrai à cette nuance près, qui est plus qu’une nuance : non seulement la diversité est-elle toujours associée à l’unité, mais encore elle en est le fruit : tout sort d’un même œuf initial, d’un même principe génétique d’unité qui opère la différenciation des cellules tout en maintenant l’unité dans l’ensemble.[...]Première leçon à tirer de l’exemple des organismes vivants : on ne devrait jamais employer le mot diversité seul, comme si la chose était un absolu


Mathieu Bock-Côté, plus universel que nos mondialistes
, par Jacques Dufresne

On aura compris pourquoi je mets l’accent sur l’appartenance de Mathieu Bock-Côté à la grande tradition libérale dans un livre dont plusieurs chapitres ont d’abord retenu mon attention, en particulier celui qui est consacré au livre de Chantal Delsol sur le populisme. Je voulais montrer que Mathieu Bock-Côté possède tous les anticorps aptes à le protéger contre les dangers auxquels l’expose ce souci de l’enracinement à quoi on le reconnaît d’abord aujourd’hui.


Le temps d’une tarte
, par Alexandre Poulin

Mathieu Bock-Côté ne serait pas le moins du monde effaré que je le qualifie de défenseur de l’arbre. Car c’est bien à l’arbre que l’on s’en prend lorsque l’on s’en prend à ses idées. Depuis près de dix ans, l’entarté s’est illustré d’abord en tant qu’intellectuel associé au mouvement national ; depuis quelques années, il s’illustre en tant que penseur d’un Occident déliquescent qui jette le passé aux oubliettes.


Le reniement du don d’asile
, par Pierre-Jean Dessertine

La très âpre polémique provoquée par les comparutions en tribunaux correctionnels de citoyens qui ont donné asile à des exilés errant dans le plus grand dénuement ne révèle-t-elle pas un conflit de valeurs aigu dans la société ?


La terreur souterraine ou la nouvelle censure au Québec
, par Jacques Dufresne

Cet article a d’abord paru, avec un certain écho, dans le Devoir du 25 janvier 2017. On trouvera en annexe vidéo le résultat d'une enquête sur la liberté d'expression pratiquée au début de février 2017 à l'Université du Québec à Montréal.


La société devenue liquide,
par Simon Langlois

Le sociologue d’origine polonaise Zygmunt Bauman vient de mourir. Il a eu une sorte de trait de génie en soutenant que les sociétés avancées étaient devenues «liquides».


 Les mots de l'actualité : tolérance,Stéphane Stapinsky

A chaque livraison de la Lettre, l'analyse d'un mot à la mode de ses ramifications dans l'actualité. Pour inaugurer cette chronique, un des termes fétiches de notre époque : la tolérance

Post-vérité dans le sciences et les mathématiques

 Il faut repenser les mathématiques et leur enseignement, nous dit Chantal Missoud dans un texte fondateur. La démesure, la perte du sens de la limite est la forme la plus générale de la résistance aux faits. L’article d’Andrée Mathieu, sur Jay Forrester, l’un des penseurs de la limite dans la modernité nous le rappelle.

Titre d’un cours à l’Université Washington de Seattle: Calling Bulshit. Description« Le monde se noie dans la fumisterie. Les politiciens ne se sentent plus contraints par les faits. La science évolue par communiqués de presse. L’éducation supérieure valorise la fumisterie plutôt que l’esprit critique. La culture des startups élève la fumisterie au rang de grand art.
 

La qualité des mathématiques, par Chantal Lapointe

 Des dix catégories identifiées par Aristote pour désigner « ce qui est », la quantité s’est imposée comme critère ultime de compréhension du monde. Les chiffres sont donc invoqués, aujourd’hui pour « expliquer » le monde. Or, même dans un univers artificiel, les objets mécaniques ne peuvent être saisis uniquement comme une addition de parties constituant un tout.
L’un des signes à quoi on reconnaît aujourd’hui une personne cultivée, c’est sa familiarité avec la notion de limite. Les anciens grecs faisaient de la mesure, du respect de la limite l’une des conditions de la beauté. Dans la modernité, l’idée d’une croissance illimitée s’est imposée comme une excellente chose allant de soi. Cette illusion persiste encore. Jay Wright Forrester est l’un des grands esprits qui ont ramené les humains au réel en cette matière. Il fut à l’origine du Club de Rome et de l’un des livres les plus marquants du XXe siècle, Limits to Growth, Halte à la croissance, l’un de ces livres écrits il y a cinquante ans pour la jeunesse d’aujourd’hui.
 
Le chiffre n’atteint pas la zone des mobiles profonds. C’est ainsi que Konrad Lorenz expliquait, il y a déjà cinquante ans, le peu d’efforts faits pour sauver la terre, alors que la preuve des dangers qu’elle court avait déjà été bien établie. Il écrit dans L'agression: « Le fait que l'esprit le plus médiocre puisse saisir ce qui, en droit, ne devrait pas arriver mais arrive cependant donne à méditer[...] Dans de tels cas, on peut presque toujours dire que l'action la plus rationnelle a été bloquée par la puissance incoercible des modes d'action et de réaction spécifiques innés (les instincts).»

Santé et médicaments

Des chiffres solides nous rappellent qu’Ottawa pourrait éviter un gaspillage de 3,6 milliards par année en ajustant sur celui des membres de l’OCDE le prix qu’il paie pour les médicaments brevetés. Ces chiffres nous obligent à nous interroger sur l’obligation qui nous est faite de prendre les antibiotiques pendant 10 jours, quand la guérison a eu lieu après 2 jours…et sur le recours aux incubateurs, plutôt qu’à la méthode kangourou pour les bébés prématurés.

La résistance aux faits en santé mentale, par Jacques Dufresne

En marge d’un colloque intitulé «Sur diagnostic et sur traitement en santé mentale» et tenu à Orford le 20 janvier 2017. Deux cents omnipraticiens, premiers de classe, écoutaient avec la plus grande attention et sans paraître outre mesure étonnés, alors que la plupart des conférenciers et Gøtzsche en particulier, démolissaient la psychiatrie actuelle depuis ses pseudo bases biologiques jusqu’à la dernière vague des médicaments.


Votre enfant turbulent n'est pas malade: le TDAH est un pseudo diagnostic
, par Jacques Thivierge

Le TDAH (Trouble par déficit attentionnel avec ou sans hyperactivité) est généralement considéré comme un diagnostic. Le grand public en conclut qu’il s’agit d’une maladie comme le diabète caractérisée par des symptômes auxquels correspondent des lésions organiques identifiables…ainsi que des médicaments et des traitements appropriés. Ce n’est pas le cas. Le TDAH est un pseudo-diagnostic qui correspond plus aux intérêts des compagnies pharmaceutiques qu’à la réalité médicale.


Médicaments : gaspillage annuel de 3,6 milliards à Ottawa
, par Jacques Dufresne

Il n’en tient qu’au CEPMB (Conseil d’examen des prix des médicaments brevetés) de redresser la situation. Notons au départ qu’en s’affublant d’un tel acronyme, ledit conseil se dote d’un camouflage qui le met à l’abri du regard critique.


Antibiotiques : pendant quinze jours ou jusqu’à la guérison ?
par Jacques Dufresne

Vous avez déjà triché, comme moi ? Vous aviez sans doute raison. Depuis des décennies, la plupart des médecins insistent, quand ils vous prescrivent des antibiotiques, sur l’importance de poursuivre le traitement même après la guérison. La raison qui leur était donnée était la suivante : en cessant le traitement trop tôt, vous donnez aux bactéries une occasion de devenir résistantes. Cette raison est aujourd’hui contestée.


Un bel exemple de biomimétisme, la méthode de soins kangourou pour les prématurés,
par Marc Chevrier

Un récent reportage du quotidien britannique The Independent a attiré l’attention du public sur une méthode de soins pour les nourrissons prématurés, mise au point par des pédiatres colombiens à la fin des années 1970 et qui imite les marsupiaux comme les kangourous, dont les nouveaux nés immatures achèvent leur gestation dans la poche ventrale de leur mère.


Philippe Couillard et les vieux : Good bye, Charlie Brown…
Stéphane Stapinsky

 

Le premier ministre Philippe Couillard devrait prendre garde à ne pas appauvrir les personnes âgées du Québec. Car il risque de trouver sur sa route une nouvelle Solange Denis...

La beauté et la post-beauté

 Nous n’oublions pas la beauté, thème de cette année. Yan Barcelo est d’avis que la post-beauté a été le prélude de la post-vérité.  Michel Lessard se porte à la défense du panorama de Québec et du musée de Sainte-Anne-de-Beaupré. Hélène Laberge présente le «Jardin de Poésie» animé à la radio de Bordeaux par Paule Romeyer Dherbey.

Beauté et post-beauté, par Yan Barcelo

 Le dictionnaire Oxford a récemment décrété 2016 l’année de la « post-vérité ». Initiative heureuse, mais un brin tardive. Voici quelques décennies que nous vivons dans l’ère autant de la post-vérité que de la post-beauté. La diffusion de vagues de « fausses nouvelles » au cours de la dernière élection présidentielle américaine n’est qu’une autre manifestation d’une époque dont les liens au vrai, au bien et au beau sont de plus en plus ténus, résultat du soupçon délétère que les élites intellectuelles entretiennent depuis des décennies à l’endroit de ces notions fondamentales. Elles en ricanent.


Non à l’industrialisation massive du panorama de Québec,
par Michel Lessard

Le maire de Québec, monsieur Régis Labeaume, a tort de ne pas voir l’allongement massif du quai du Port de Québec dans le projet Beauport 2020, comme une atteinte majeure au patrimoine de Québec, notre capitale nationale et à son économie.


Bonne Sainte Anne, sauvez votre musée
, par Michel Lessard

Les journaux nous apprenaient la semaine dernière, la fermeture du Musée de Sainte-Anne-de-Beaupré.  C’est mon ancêtre Étienne de Lessart (1623-1703) débarqué à Québec en 1645 qui avait donné les terres pour la construction de la première église de Sainte-Anne en 1658 au début du pays français.


Roméo sans Juliette
, par Jean-Philippe Costes

J'ai récemment eu la joie et l'honneur d'assister à une représentation de Roméo et Juliette, au superbe théâtre de la Comédie Française. La pièce, aussi finement jouée que mise en scène, m'a permis de redécouvrir la tragédie de William Shakespeare sous un angle étonnamment comique (mais le comique n'est-il pas l'intuition du tragique de l'existence, comme l'enseignait Eugène Ionesco?). Elle m'a également inspiré une réflexion sur l'Amour, la Raison et la Passion. Je me permets de vous soumettre ce petit essai poétique. J'espère qu'il vous intéressera.


Le Jardin de Poésie animé par Paule Romeyer Dherbey RCF Bordeaux
, par Hélène Laberge

Elle-même poète mais d’abord et avant tout assoiffée de faire connaître à ses auditeurs poètes et poésie, cette amie de toujours dit des poèmes qu’elle resitue simplement dans leur contexte, en bonne enseignante qu’elle fut, dans une émission qu’elle anime depuis cinq ans. Depuis Charles d’Orléans jusqu’à Victor Hugo, Baudelaire, Marie Noël, et tant d’autres, poètes ou prosateurs, tous sont invités à revivre dans son jardin.

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