AbonnementLa Lettre de L'Agora est diffusée une fois par mois. Pour vous abonner ou vous désabonner, inscrivez votre adresse courriel et sélectionnez l'opération désirée (abonnement ou désinscription). ArchivesVol. 2 no. 6: Spécial St Valentin, un nouvel Éros (13 février 2010)De nos jours, plus que jamais peut-être, on associe Éros au moi et à la sexualité qui en est le faire valoir. Comment expliquer qu'en dépit de tous les échecs accumulés par ce célèbre trio – le moi, l'érotisme et la sexualité – , la St-Valentin soit attendue avec tant d'espoir?
Éros n'obéit pas à la volonté, il suit son rythme lent. On ne décide pas du moment où la forêt va s'enflammer. Si Éros a des ailes, c'est pour voler plus haut, non pour aller plus vite. De par sa nature même, il est en conflit avec la technique, c'est-à-dire avec à peu près tout ce qui nous entoure et nous fascine. Il est l'étranger, en même temps que le dernier espoir d'ivresse. Cela nous le sentons si bien, que pour le ramener parmi nous, nous nous efforçons de rétablir la lenteur dans nos vies.
Jacques Dufresne et Hélène Laberge, fondateurs de l´Agora
et l´équipe des collaborateurs de l´Agora
Vol. 2 no. 5: Haïti, Olympiques, Aidants naturels, Google livres, Décroissance (janvier 2010)À l'occasion des Jeux olympiques de Vancouver, nous lançons un débat sur le thème sport et appartenance. Nous vous offrons ainsi l'occasion de discuter avec l'ancien maire de Vancouver, ce tétraplégique qui a ému des millions de personnes lors de la cérémonie de clôture des Jeux de Turin. Tous se souviennent de la façon dont il a fait valser le drapeau olympique en manoeuvrant habilement son fauteuil roulant. Après son accident, et des années de passivité dépressive, la pratique d'un sport a marqué la première étape de sa réintégration dans la société. Tout en se réjouissant du fait que le sport actuel puisse avoir des effets si heureux, Jacques Dufresne, adopte une position plus critique à l'égard du sport moderne, trop intégré à une vision du monde dont nous savons désormais qu'elle n'est pas durable. Nous avons été les premiers à l'Agora à présenter,il y a quelques années déjà, un dossier complet sur le sport durable, sous la forme d'un numéro de notre magazine sur papier, dont La lettre de l'Agora est le prolongement. Nous sommes heureux de vous l'offrir, avec l'espoir qu'il vous incitera à participer à notre débat sur le sport.
Jacques Dufresne et Hélène Laberge, fondateurs de l´Agora
et l´équipe des collaborateurs de l´Agora
Vol. 2 no. 4: Écologie et incarnation (décembre 2009)Copenhague, décembre 2009. Guidé par l'Europe, ce qui n'est pas un hasard, l'humanité a voulu se dresser contre la fatalité d'un développement conduisant au réchauffement climatique. Elle a échoué. Suivant la logique technicienne, on demandera plutôt à la géo ingénierie de trouver des remèdes techniques à un mal qu'on n'aura pas voulu prévenir. Au lieu de réduire les émissions de CO2, on donnera des transfusions de soufre à la stratosphère, dans le but de rafraîchir le climat selon la méthode des volcans.
La fatalité technicienne et la démesure qui l'accompagne sont la face visible d’un autre phénomène qui a toutes les apparences de la fatalité, la désincarnation. Nous soutenons ici, l'instar de Jacques Ellul, que la révolte contre cette fatalité doit prendre la forme de l'incarnation, et nous ajoutons : au sens païen comme au sens chrétien du terme.
Jacques Dufresne et Hélène Laberge, fondateurs de l´Agora
et l´équipe des collaborateurs de l´Agora
Vol. 2 no. 3: Un Copenhague social (novembre 2009)Cette lettre est pour nous l'occasion de vous présenter notre dernier site Internet: Appartenance
Pourquoi la réduction des gaz à effet de serre nous est-elle toujours présentée exclusivement comme une opération coûteuse pouvant conduire à une catastrophe économique accompagnée de troubles sociaux? Alors qu'on pourrait très bien présenter la même opération comme un moyen de renforcer le sentiment d'appartenance. Covoiturage: moins de pétrole, plus d'essence...humaine! Les 100 esclaves mécaniques que l'énergie bon marché met à notre disposition nous donnent un sentiment de puissance qui finit par jouer contre nous. L'isolement est devenu un fléau. Le paysan lui-même est enfermé dans la carlingue de son tracteur, coupé, tout se tient, de ses semblables, mais aussi de l'air, de la terre, de l'eau, du ciel et même du paysage, qu'il ne voit qu'à moitié. L'appartenance, ce lien vivant, ce plaisir des sens qui donne sens à la vie, est ainsi rompue.
Une agriculture moins énergivore et faisant un usage plus subtil de la science pourrait rétablir ce lien. Ce n'est là qu'un exemple parmi d'autres qui illustre ce que nous pourrions gagner en perdant de l'énergie. La première mission du nouveau site est de promouvoir l'appartenance pour elle-même, parce qu'elle correspond à un besoin fondamental de l'être humain. Nous sommes cependant si heureux de constater que la modération dans l'usage des esclaves mécaniques protège la biosphère tout en enrichissant la société, que nous en venons à confondre la mission sociale et la mission environnementale. Nos partenaires, L'Arche Canada et PLAN, sont deux organismes dont la mission est d'indiquer à la société comment elle peut s'enrichir de la contribution des plus faibles, des plus vulnérables, ceux qui ont le moins d'esclaves mécaniques à leur disposition, mais disposent d'une sensibilité qui fait défaut à tant d'autres. Vol. 2 no. 2: Deux virus: H1N1 ET CORRUPTION 2009 (octobre 2009)Deux virus sont à l'oeuvre en ce moment dans le monde et plus particulièrement au Québec. Nous connaissons tous le premier par son nom: H1N1. Le second, corruption 2009, est d'ordre moral, mais nous avons tout intérêt à l'assimiler au premier et à l'affronter avec les méthodes de la santé publique. La moralité publique accuse en effet un retard marqué par rapport à son homologue. Preuve que le fait de vivre est plus précieux pour nous que le fait de bien vivre. Dans toutes les situations où il y a des gains d'argent faciles en vue, il nous faudrait tenir pour acquis qu’une pandémie morale est imminente, qu'elle n'est pas seulement possible ou probable mais certaine et qu'il nous faut pour la combattre maintenir une troupe d'élite en état d'alerte.
La moralité publique doit imiter la santé publique, mais l'inverse est peut-être aussi souhaitable. Dans le cas de la corruption, on attend longtemps les preuves avant de décréter l'état d'urgence et les prisons se remplissent moins vite que les hôpitaux. Un zest de cette modération en santé publique ne serait-il pas une bonne chose? Quand les troupes sont déjà en alerte et que la panique s'est emparée de la population, ne conviendrait-il pas de créer une cellule de vérité où l'on s'en tiendrait aux faits ? Au lieu de nous faire voir à la télévision les parents d'un adolescent mort des suites de la H1N1, on nous dirait quel est en cette saison le taux normal de mortalité des suites d'une grippe quelconque. Vol. 2 no. 1: L'éthique: un système complexe (septembre 2009)L'éthique n'indique que le but, elle ne fournit pas l'énergie nécessaire pour l'atteindre. Pour cela elle doit s'appuyer, par-delà l'éthique, sur des exemples et des témoignages comme ceux de Etty Hillesum, cette Juive hollandaise morte à 29 ans à Auschwitz, après avoir donné la preuve d'une altitude morale qui la rapproche d'une autre jeune Juive morte la même année: Simone Weil. Dans le camp de Westerbrock, au service des familles qui attendaient le train pour Auschwitz, Etty a été d'une parfaite sollicitude, mais ce n'est pas l'éthique seule qui l'a élevée à ce sommet, c'est aussi, entre autres sources d'inspiration, la beauté du monde. « Il y a aussi la réalité de ce petit cyclamen rose. Et de cet immense horizon que l’on peut toujours découvrir derrière les rumeurs et la confusion de ce temps.[...] Quand nous sommes seuls en pleine nature et disposés à l'attention, quelque chose nous porte à aimer ce qui nous entoure...Et la beauté nous touche d'autant plus vivement que la nécessité apparaît d'une manière plus manifeste, par exemple... dans les plis que la pesanteur imprime aux montagnes ou aux flots de la mer, dans le cours des astres. » (...) Vol. 1 no. 6: Le jeûne médiatique (juillet 2009)Quelques heures après la publication de la cinquième édition de la Lettre de L'Agora, notre serveur a cessé de répondre à vos clics. C'était de sa part un bien mauvais moment pour entrer en grève sans préavis. Il est resté hors d'usage du 26 juin au 1er juillet. Il fonctionne normalement en ce moment. Ce silence de notre serveur aura au moins eu l'avantage de nous inciter à réfléchir sur le jeûne médiatique, une pratique recommandée dans un livre de Jacques Dufresne, paru en 1999 sous le titre Après l'homme, le cyborg? L'idée nous est venue d'interroger Google pour connaître le destin de cette idée. Il nous a paru suffisamment intéressant pour justifier un nouvel article, lequel s'ajoutera au contenu de la cinquième lettre, que vous avez déjà reçue une première fois.. Voir l'article complet. Vol. 1 no. 5: Voir un clown et mourir (juin 2009)L'été est une saison parfois difficile pour les personnes âgées vivant seules.Vieillir dans la solitude et la canicule sans être oublié de tous! Voici l'un de ces débats qu'il faut sans cesse relancer tant la cause des aînés en perte d'autonomie semble perdue d'avance, tant l'indifférence à leur endroit apparaît comme la pente la plus naturelle. Un instant d'inattention de la part des autorités publiques et des journalistes et les négligences recommencent. Elles ne sont pas toujours graves, mais elles sont toujours des formes de déshumanisation.
En annonçant que des clowns, des clowns professionnels, a-t-elle précisé, allaient se produire auprès d'eux, la ministre québécoise responsable des aînés, Mme Marguerite Blais, vient de réussir à susciter un regain d'intérêt et, il faut l'espérer, de sollicitude à l'égard des plus fragiles parmi les aînés. Si sa brigade du rire ne parvient pas à dérider les plus tristes, elle aura au moins réussi à délier la langue des plus sages. Vol. 1 no. 4: Filet étatique, filet social (mars 2009)Le filet qu'on appelle social est en réalité un filet étatique. Il faut le conserver et tenter de l'améliorer. Nécessaire, il l'est plus que jamais et il le sera de plus en plus en raison des défis associés aux limites des ressources et aux pollutions, en raison également des hauts et des bas de la mondialisation. Mais il ne suffira pas. Il faut tenter de faire revivre l'authentique filet social, lequel est aussi un tremplin. Ce filet social se déploie merveilleusement en cas de grande catastrophe naturelle, preuve que la fibre sociale naturelle est bien vivante, qu'on peut redevenir peuple quand être masse est l'état normal. Mais face au malheur d'origine humaine, on redevient masse et si on se mobilise c'est, sauf exception, pour demander le secours de l'État plutôt que pour passer soi-même à l'action dans les sphères où l'on peut agir efficacement. Le peuple agit, la masse subit, le peuple est flèche, la masse est cible. Nous n'avons plus qu'une vague idée de la solidarité dont les peuples pouvaient faire preuve, non seulement pour survivre aux crises, mais pour en sortir grandis. Il nous faut repenser la solidarité. Vol. 1 no. 3: Le salaire des banquiers et le salut de la planète (février 2009)La mesure du succès c'est de gagner sans mesure. Telle était, telle est toujours la règle aux États-Unis et dans les pays capitalistes de même esprit. En limitant à 500 000 $ le salaire des dirigeants des banques soutenues par l'État, le président Obama n'a pas modifié cette règle, il a seulement précisé que seul le succès peut être récompensé sans mesure et que, en cas d'échec, il faut revenir à la mesure. C'est là une décision sage, certes, mais à demi seulement car elle légitime à l'avance les excès futurs, en donnant à entendre que ce n'est pas la démesure en elle-même qui est mauvaise, mais la récompense de l'échec résultant de la démesure.
Or, c'est la démesure en elle-même qui est mauvaise. Contemplons le Parthénon et relisons les pages de Platon sur l'harmonie, la mesure, la proportion. Observons ensuite les édifices où travaillent les banquiers new-yorkais, comptons les décibels de la musique qu'on entend dans leurs bars, pesons les déchets que leur ville déverse dans le paysage chaque jour. Toutes les démesures se tiennent et s'inspirent les unes des autres. Toutes les formes de mesure et de proportion se tiennent aussi. D'où le lien entre la limite des salaires des banquiers et le salut de la planète. «Il faut éteindre l'ubris de préférence à l'incendie.» Héraclite. Le texte au complet. Vol. 1 no. 2: Mauvaise fortune, bon coeur, (janvier 2009)Faire contre mauvaise fortune bon cœur! J'ai compris la beauté de cette maxime en écoutant le témoignage amer d'une femme âgée qui avait déposé toute sa fortune dans le tonneau sans fond du spéculateur Bernard Madoff. Le sentiment d'avoir été trahi par un ami, s'ajoutant à la perte du fruit de son travail, avait épuisé sa réserve de bon cœur. J'ai compris à son amertume que la perte de cette réserve était un malheur plus grand que celle de ses économies.
Le bon cœur suppose la force d'âme, à laquelle il ajoute un élan de joie de vivre et de générosité, de même qu’un jugement de valeur libérateur sur les conditions du bonheur. Nous avons tout perdu sauf notre amour. Recréons le monde autour de cet amour! Vol. 1 no. 1: Le devoir de cohérence (décembre 2008)Vous avez pu lire dans le Vol 0 No 0 de cette lettre un article sur la crise financière — vous pouvez le faire en consultant nos archives —, où nous remontons jusqu´à la cause la plus profonde de cette implosion: la subordination de toutes les valeurs à la loi du profit., alors que l´économie, surtout lorsquelle se dit libérale, ne peut être viable que si elle est subordonnée à certaines valeurs fondamentales: solidarité, coopération, équité, loyauté, sens de la proportion. Le respect de ces mêmes valeurs nous sera nécessaire pour relever le défi des autres crises qui se poursuivent en ce moment et qui sont indissociables de la crise financière: crise alimentaire mondiale, réchauffement climatique, pic petrolier.
À des crises inter reliées, des remèdes inter reliés! Non seulement on ne pourra pas résoudre ces crises séparément, mais encore faudra-t-il attacher la plus grande importance à la vie sociale et culturelle des pays en cause d´où notre intérêt pour la culture de transition, telle que la conçoivent les initiateurs britanniques du mouvement Villes de transition. Transition vers l´après-pétrole certes, mais aussi appropriation ou réappropriation d´une vision du monde cohérente qui permettra de vivre les chocs inévitables avec enthousiasme plutôt que dans l´amertume du rêve prométhéen avorté. Vol. 0 no. 0: Invitation (novembre 2008)Merci de la patience avec laquelle vous avez attendu un signe de vie de notre part. Signe de vie est l'expression qui convient. La cessation de la publication du magazine L'Agora résulte d'un choix, difficile certes, mais non d'une démission. Le site internet de l'Agora a continué de se développer, en raison surtout de l'heureuse formule des encyclopédies spécialisées. Il prend maintenant la forme d'un réseau de sites où l'on trouve, à côté de L'Encyclopédie de L'Agora, huit encyclopédies spécialisées et autant d'actes de colloques.
Voilà pourquoi nous sommes désormais en mesure de vous offrir, à la place du magazine, une lettre mensuelle où vous seront présentés les ajouts les plus récents et les plus intéressants à nos diverses encyclopédies et à celles de nos partenaires. Cette lettre contiendra en outre des nouvelles de L'Agora. Dix numéros de cette lettre équivaudront pour vous à plusieurs numéros du magazine. Nous vous invitons à lire la première lettre plus bas dans cette page et à nous dire si vous souhaitez continuer à la recevoir. Pour vous inscrire, il vous suffit de vous rendre sur www.lalettredelagora.org |